Le samedi 21 janvier 2017, le lendemain de l’investiture de Donald Trump, des millions de personnes (en) sont descendues dans la rue pour la Women’s March, une manifestation organisée pour la défense des droits des femmes et, plus largement, des droits civiques dans leur ensemble.
L’idée de la « Marche des femmes » est lancée par Teresa Shook, 60 ans, avocate à la retraite, avec un appel à manifester qu’elle crée sur Facebook après la victoire de Donald Trump dont les propos misogynes l’ont particulièrement choquée. Le succès est immédiat et, pris en main par des activistes chevronnées, le projet continuera de s’amplifier jusqu’au jour J de la manifestation.
Portant un pussy hat – l’emblème de la manifestation qui fait référence à certaines paroles choquantes (en) du candidat Trump – des femmes, mais aussi des hommes et des familles, ont défilé en brandissant des pancartes avec des slogans souvent particulièrement explicites.
Aux Etats-Unis, il n’y a pas un état qui n’ait pas accueilli une marche. Et dans les plus grandes villes, les protestataires se comptent en centaines de milliers : ainsi à Washington, le nombre de personnes dans la rue surpasse largement (en) celui des spectateurs venus la veille assister à l’investiture du 45ème Président des Etats-Unis. Malgré cette forte affluence, on ne déplore aucun incident majeur lors de ces rassemblement résolument pacifistes.
Ailleurs dans le monde et en France, la mobilisation est réelle. A Paris, quelques milliers de personnes se sont réunies au Trocadéro et d’autres manifestations ont eu lieu à Toulouse, Nantes ou encore Montpellier.
Les chanteuses Madonna et Alicia Keys, l’actrice Scarlett Johansson, le cinéaste Michael Moore… nombreuses sont les célébrités à avoir participé et pris la parole pendant les Marches des femmes.
Magnanime, à propos de la Women’s March, Donald Trump reconnaît, dans un tweet dont il a le secret, « les droits des gens à exprimer leurs points de vue. » :
Peaceful protests are a hallmark of our democracy. Even if I don’t always agree, I recognize the rights of people to express their views.
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 22 janvier 2017
Les manifestants semblent bien décidés à le prendre au mot. Car, pour beaucoup, cette journée marque l’entrée en résistance : « 10 actions pour les 100 prochains jours » annonce d’ores et déjà le site officiel de la Women’s march.
S’il se structure et s’il arrive à dépasser certains clivages, le mouvement pourrait bien peser sur le débat politique des prochaines années comme le tea party a su y parvenir (en) après l’élection de Barak Obama en 2008.
Crédit photo : Mobilus In Mobili.
